samedi, 13 septembre 2008
Une petite pincée de fenouil...
Une fois n'est pas coutume, je vais quitter le domaine de mes passions pour parler de ma vie. Promis, ça n'arrivera pas trop souvent. Mais je voulais vous parler d'un petit animal domestique adorable : Fenouil
Le 1er avril 2007 (non ce n'est pas une blague) deux chatons sont nés à Baulon en Bretagne au sein d'une petite famille. Les "parents" sont des amis de ma collègue de travail préférée et c'est elle qui me met sur le coup. Elle savait que je voulais adopter un chat et elle m'a envoyé un mms ayant pour titre "on cherche un maître" avec une jolie photo de deux mignons chatons. Coup de coeur, j'en ai choisi un. Et je suis allé chercher Fenouil deux mois plus tard...
Pourquoi Fenouil ? Oui, c'est pas courant comme nom pour un chat. D'où ça vient ? Ce nom provient de la série l'Assassin Royal de Robin Hobb. Dans cette série, le héros peut entendre les pensées des animaux et leur parler. Alors qu'il se trouve chez sa copine du moment, il entend les pensées du chat de la maison. Un chat nommé... Fenouil.
<< Je monte. A l'instant où je percevais cet avertissement, un grand chat roux sauta sans effort sur mes genoux. >> Ce chat est plutôt imbu de lui-même et n'hésite à donner des ordres comme "Prends moi dans tes bras" ou "Encore du poisson" Typiquement félin.
Après cette petite parenthèse, je reprends l'histoire. Donc je rentre chez moi et lâche la bête dans l'appartemment. Il commence aussitôt à explorer sa nouvelle maison. Ayant besoin de prendre quelque chose chez mes parents, je m'absente une dizaine de minutes. A mon retour, pas de chat. Je cherche partout où il aurait pu aller, l'appelle, essaie de l'attirer avec la nourriture, rien y fait. Au bout d'une demi-heure de recherches, il demeure introuvable. Je commence à pleurer (oooh que c'est sensible) de rage. Il aura fallu une demi heure pour que ce chat disparaisse, quel mauvais maître je suis ! Je veux me servir de l'eau et prend une bouteille dans le placard sous l'évier. IL est là, entrain de dormir roulé en boule sur le paquet d'essuie-tout. Ce ptit rigolo avait réussi à se glisser derrière la plinthe du meuble de cuisine puis a escaladé les tuyaux de l'évier pour venir dormir dans le placard. Première frayeur, premier soulagement.
Oh il m'en aura fait voir des vertes et des pas mures pendant son enfance de chaton. Mais pas qu'à moi. L'hibiscus que l'on m'avait offert lors de ma pendaison de crémaillère a du subir les attaques du félin... jusqu'à ce que j'en ai marre de rempoter la plante et de ramasser la terre éparpillée dans tout l'appartement. J'ai fini par la laisser sur le balcon, à sa disposition.
La personne qui me l'a offert (l'hibiscus) m'en veut encore... Fenouil était sacrément joueur ! Notre jeu favoris consistait à se courser l'un l'autre dehors entre les immeubles. Hallucinant pour ceux qui regardaient. Fenouil a toujours adoré se promener dehors. C'était un chat libre. Tous mes voisins le connaissaient tandis que j'en connaissais très peu. Il m'est arrivé de croiser des voisins qui m'étaient inconnus. Me voyant avec le monstre (oui, c'est comme ça que je surnomme fenouil) "oh c'est votre chat ? il est mignon ! et il est gentil en plus !" Mouais, les profondes marques de griffes qui parcouraient mes avant-bras me persuadaient du contraire. C'est que Fenouil était particulièrement violent quand je jouais avec lui. Gare aux yeux !
Mais allons, je vais vous raconter une petite histoire. Il était une fois, l'été 2007, alors qu'il était encore un chaton, il se promenait souvent dehors. En bas de chez moi, il y a des bancs avec vue sur le Blavet (une rivière) très fréquentés par les jeunes. Cet après-midi là justement, il y avait un jeune couple d'ados qui se becottaient sur le banc public, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes. Allons ! c'est pas correct, Super-Fenouil doit intervenir ! Fenouil arrive vers eux, la fille l'aperçoit.
<< Oh un ptit chat ! >> Et c'est parti pour les calins, les bisous, les mots doux. Vous auriez vu la tête du copain face à ce concurrent à quatre pattes qui avait interrompu leur baiser passioné ! Oh qu'il était le furax le jeune homme. Et moi, mort de rire à mon balcon, ils m'ont finalement remarqué. << C'est votre chat ? Il est trop mignon !
- Ne vous y fiez pas, précisai-je, c'est un véritable monstre. >>
Question : comment éduquer correctement un chat ? Les vétérinaires conseillent d'asperger le chat d'eau (seringue ou brumisateur) à chaque mauvaise bétise. Comment on fait quand le chat aime l'eau ? Le lit préféré de Fenouil ? l'évier. Son jeu préféré ? Le jet d'eau du robinet, particulièrement celui de la baignoire dans laquelle il sautait allègrement dès qu'il pouvait entrer dans la salle de bain. Si vous me connaissez, vous savez que je peux être sadique. Alors que Fenouil était dans la baignoire, j'ouvrais le robinet. Des fois je fermais la bonde. Et l'eau montait. De l'eau qui monte, ça le faisait quand même paniquer. Je l'ai ainsi coincé au fond de la baignoire avec 10cm d'eau. Objectif : me rejoindre, à l'autre bout de la baignoire. La porte de sortie. Mais pour ça, bien obligé de marcher dans l'eau. He did it ! C'était trop drôle. Il posait une patte, la relevait, la secouait, la lêchait et la reposait dans l'eau. Patte suivante : même manège et ainsi de suite jusqu'à moi et la délivrance. Rassurez vous, ça ne l'a pas traumatisé, il a continué à aller dans la baignoire. Le plus adorable, c'est qu'après il restait sur le tapis de bain pour faire sa toilette et se sêcher avant de retourner se promener. Saviez-vous que les seules fois où je l'ai entendu ronronner c'était quand je l'ai lavé. Il était revenu puant l'huile de vidange, lui m'avait habitué à revenir en cocottant à force de se frotter aux jolies filles.
Son deuxième coin préféré, c'était mon lit. Il aimait dormir avec moi. Petit il allait blottir sa tête dans mon aisselle et se mettait à la lècher (plutôt désagréable, surtout si on est chatouilleux) mais le plus mignon et drôle était de le voir patasser. Moi au lit, il venait s'installer sur moi et il patassait, patassait, en baissant la tête, la gueule contre la couette et il bavait. Mais c'était trop mignon ! par contre, j'en étais arrivé à faire attention à plein de choses. Les placards qu'il savait ouvrir, le réveil qu'il débranchait pour qu'il ne sonne pas le matin, (véridique ! Je l'ai vu aller tirer sur la prise de courant une fois alors que le réveil venait de se déclencher) les clés accrochées qu'il faisait s'entrechoquer pour me faire comprendre qu'il voulait sortir.
Que de souvenirs il me semble, mais il me faut aussi en garder pour moi. Fenouil est décédé le samedi 6 septembre 2008, renversé par une voiture. Ce sont des voisins (inconnus) qui l'ont trouvé le soir et m'ont prévenu le lendemain. Je ne les connaissais pas, mais ils connaissaient le chat et savaient où il vivait. Tout le monde l'aimait ce chat. Tout le monde sauf mon amie Tildoo/Laluna qui lui a pourtant rendu un petit hommage émouvant. Merci Tildoo.
Fenouil ...
Bah ça me bouffe le moral.
La première fois que je l'ai vu il a failli me rendre borgne.
Il m'a moult fois réveillé en pleine nuit en se vautrant sur mes jambes.
Sa gamelle de lait était un piège inévitable pour les pieds en chaussettes.
J'adorais le rendre dingue avec son jouet-cadavre favori et/ou un laser.
On pouvait mutuellement pas se supporter.
Au fond j'adorais ce chat.
Fenouil était mon seul compagnon depuis plus d'un an. Je pouvais me passer d'amour et d'affection tant que je l'avais à mes côtés. Aujourd'hui c'est fini. plus de miaulements, plus de chat qui se casse la gueule en pleine nuit, plus de calins. Juste le vide, le néant, un coussin inoccupé, une gamelle pleine qui ne se videra pas, quelques poils qui trainent encore ici et là. put...*bip* de vie qui s'acharne à nous rendre malheureux.
16:43 Publié dans Vie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : chat, assassin royal




