| Six mètres. Plus que six mètres. Pour couper la ligne d'arrivée, Gerber enfin dans le trophée. La pilule amère de la gloire, Payer l'impot de la victoire. Six mètres. Rien que six mètres. Le corps crucifié au guidon, Dans les reins les crocs du peloton. Casser la roue de l'infortune, Et le sourire pour la Une. Six mètres. Juste six mètres. Point levé et point à la ligne, Brandissant le bouquet d'épines. Craquer pour croquer le ruban, Avec la rage, avec les dents. Cinq mètres. Les plus longs, cinq mètres. Cracher, tituber sur la route, Vaciller au doute à goutte. Au dernier lacet étrangleur, Boire la coupe jusqu'à la sueur. Deux mètres. Et puis le dernier mètre. Et soudain, l'envie de plus rien, Ou juste de bloquer les freins. L'envie de faire sauter la chaîne, D'une overdose d'oxygène. Déserter à vingt centimètres. A ving centimètres du fil, Se fondre et regarder la file Des autres qui passent devant. Les applaudir le nez au vent, Refuser le prix de l'effort, D'être le plus beau, le plus fort. Et puis s'y mettre. Mais s'y mettre tous. Ni dieux devant, ni chiens aux trousses. S'y mettre. S'y mettre tous et plus de maître, Que le désir d'être et renaître. Se redresser, lever la jambe. Être ensembles. Vainqueurs tous ensembles. Des millions de preum's ex-aequo, Millions de champions illégaux. Ensembles escalader les marches, Tous ensembles passer sous l'arche. S'y mettre. Plus qu'à s'y mettre, Plus qu'à s'y mettre. |