samedi, 10 mai 2008
Teasing...
Ils s'aperçurent que la voiture s'était arrêtée. Dehors, sous la pluie, les harnais tintèrent. Puis l'habitacle tangua un peu et ils entendirent quelqu'un s'en aller en courant.
Une voix dehors lança dans le noir : "Y a-t-y des mages là-dedans ?"
Les passagers échangèrent un regard ahuri.
"Non ?" répondit le gamin. mais c'était un "non" qui voulait dire : "Pourquoi vous demandez ça ?"
"Et des sorcières ? fit la voix.
- Non, pas de sorcière.
- Bien. Est-ce qu'y a là-dedans des trolls armés jusqu'aux dents employés par la compagnie de transport ?
- Ca m'étonnerait", dit Maurice.
Suivit un silence uniquement meublé par la pluie.
"D'accord, et des loups-garous ? finit par reprendre la voix.
- A quoi ils ressemblent ? demanda le gamin.
- Ah, ben, ils ont l'air parfaitement normaux jusqu'au moment où il leur pousse, comme qui dirait, des poils, des dents, de grosses pattes, et qu'ils vous sautent dessus par la fenêtre, répondit la voix.
- On a tous des poils et des dents, fit le gamin.
- Vous êtes des loups-garous, alors ?
- Non.
- Bien, bien." Suivit un autre silence pluvieux, comme si la voix invisible consultait une liste. "D'accord, des vampires, dit-elle. C'est une nuit de flotte, vous avez pas envie de voler par un temps pareil. Des vampires là-d'dans ?
- Non ! On est tous parfaitement inoffensifs ! répondit le gamin.
- Oh là là, marmonna Maurice qui rampa sous le siège.
- Ca me soulage, dit la voix. On est jamais trop prudent par les temps qui courent. Y a toutes sortes de gens bizarres." Une arbalète fut introduite par la fenêtre et la voix lança : "La bourse et la vie. C'est le tarif deux en un, voyez ?"
Terry Pratchett - Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants. Traduction par Patrick Couton - Editions l'Atalante
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dimanche, 24 février 2008
Teasing...
Alors c'est l'histoire de Tiphaine, une gamine bergère qui a un don rare : elle est très perspicace. Alors que son petit frère Vauchemin a été enlevé par une méchante reine, elle part à sa recherche pour le ramener à la maison. En chemin, elle rencontre des chtis hommes libres, alias les pictsies. petits êtres 15cm de haut, cheveux roux et peau bleue, habillés de kilts. Ce qu'ils préfèrent dans la vie ? voler, se bagarrer et boire. Ayant réussie à sauver son frère, Tiphaine voulait entrer dans un phare. Les chtis hommes décidèrent d'entrer d'abord et de fouiller le phare pour s'assurer qu'il n'y a aucun danger. Ce qui se passe maintenant fait suite à la fouille, une fois qu'ils sont redescendus au pied du phare.
- Ben, au moins, il n'y a rien à boire dans un phare." Tiphaine se mit à rire. "Sauf si vous avez bu l'huile des lampes, mais personne d'oserait se risquer à ça !"
Les pictsies se turent soudain.
"A quo cha ressemble, dites ? demanda Guiton Simpleut d'une voix lente et prudente. Cha serait pwint le machin dans une espaece de truc comme une grosse bouteille ?
- Avec un ch'tit crâne et des tibias en crwax dessus ? ajouta Rob Deschamps.
- Oui, sûrement, et c'est une horreur, dit Tiphaine. Ca vous rendrait affreusement malades si vous en buviez.
- Ah win ? fit Rob Deschamps d'un air songeur. C'est traes... intaeressant. cha serait une mladie de quel genre, comme qui dirait ?
- Je crois que vous mourriez immanquablement, répondit Tiphaine.
- On est déjà morts, répliqua Rob Deschamps.
- Ben, vous seriez très, très malades, alors." Tiphaine observa longuement le pictsie. "En plus, c'est inflammable. Vous avez bien fait de ne pas en boire, n'est ce pas..."
Guiton Simpleut rota bruyamment. Une forte odeur de pétrole lampant se répandit.
"Win", dit-il.
Tiphaine alla chercher Vauchemin. Dans son dos, elle entendit des chuchotements assourdis lorsque les pictsies se regroupèrent.
" Je vos avais praevenus que le ch'tit crâne voulait dire qu'il fallait pwint y toucheu !
- Pour Grand-Yann, cha voulait dire que c'aetait du costaud ! Et on est dans de beaux draps si les gens s'amusent à laisseu traeneu des produits de maeme là où des passants naïfs risquent d'enfonceu la porte, repousseu les barres, enleveu la grosse chaene du placard, crocheteu la serrure et les bware !
- Qu'est ce que cha veut dire 'inflammable' ?
- Cha veut dire que cha prend feu !
- D'accord, d'accord, pwint de panique. Personne rote et personne va pisseu praes d'une flamme, d'accord ? Et preneuz l'air naturel."
Tiphaine sourit toute seule. Les pictsies paraissaient très difficiles à tuer.
Les Ch'tits hommes libres
21:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pratchett, tiphaine patraque, nac mac feegle, pictsies
dimanche, 06 janvier 2008
La Mécanique du Coeur
La Mécanique du Coeur ? c'est quoi ?
C'est un disque... mais pas seulement
C'est un livre... mais pas seulement
C'est en réalité une aventure musicale du groupe Dionysos mené par Mathias Malzieu.
Le livre :
Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, ne jamais tomber amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais jusqu'aux arcades de Grenade et lui fera connaître les délices de l'amour comme sa cruauté.
Voilà une histoire qui, dès le synopsis, m'accroche énormément. Peut-être est-ce du à mon état sentimental actuel, mais je suis devenu très sensible aux histoires d'amour. Alors quand on rajoute quelques éléments fantaisistes, ça me plait encore plus. L'univers de l'histoire est très "burtonnien" avec des personnages parfois étranges et des décors à vous glacer le sang. On suit sans peine le héros Jack dans son aventure, dans sa quête amoureuse de la petite chanteuse et plusieurs fois je me suis dit que j'aurais sans doute fait pareil. Mais ce livre n'est pas seulement une histoire à l'eau de rose. Il sera difficile pour Jack de décrocher le coeur de Miss Acacia. des obstacles surgiront sur sa route et l'aide pourra parfois venir de personnages mystérieux qui ne nous sont pas inconnus tel que Méliès.
L'auteur est parfois ignoble avec son héros, le mettant dans des situations réellement affreuse. L'un des éléments les plus dur que j'ai trouvé est la correspondance qu'il échange avec sa "mère" ignorant tout du sort que le destin a réservé à la sorcière par la faute d'un pigeon voyageur défectueux. Quand à la fin, juste et bien trouvée, elle est magnifiquement triste pour un coeur attendri. Et oui, n'oublions pas que les histoires d'amour finissent mal... en général. Ma principale déception concerne tout un passage du livre dans lequel il ne se passe pas grand chose, certes, on comprend que le temps passe, mais on s'y ennuie. Le train-train quotidien est rarement passionnant. Enfin, on reconnait aisément, en lisant le livre, des personalités connues. Il parait évident que la petite chanteuse n'est autre qu'Olivia Ruiz, la compagne à la ville de mathias. Les descriptions sont sans équivoque.
Le disque :
Auteur du livre, Mathias malzieu est également le leader du groupe de rock Dionysos. Il faut avouer que je lui ressemble un peu sur certains points. Il m'est souvent arrivé, lors de mes rares minutes créatives, que le texte que j'écrivais serait transposé au cinéma, avec une musique bien à lui. Lorsque je lis un livre, je m'imagine parfois la scène à l'écran et la musique qui va avec. J'en ai rêvé, IL l'a fait. On peut résumer ce disque en disant qu'il s'agit de la bande originale du livre. On connaissait les BO de film, voici donc celle d'un livre
Les textes des chansons sont bien entendues inspirées du livre jusqu'à reprendre parfois le texte exact. Les personnages chantent dans le livre, et bien écoutez-le sur le disque ! Et pour incarner chaque personnage, Mathias (alias Jack) et son groupe ont su bien s'entourer :
- Emily Loizeau dans le rôle de la sorcière Madeleine
- Arthur H dans le rôle de ... Arthur
- Olivia Ruiz incarne Miss Acacia la petite chanteuse
- Elisabeth Mestre et Rossy De Palma en prostituées
- Grand Corps Malade dans le rôle de Jo, l'ennemi de Jack
- Jean Rochefort est Méliès
- Alain Bashung incarne Jack l'Eventreur
- Et Eric Cantona fait office de narrateur
La musique est entrainante, les chansons sympathiques et tel une BO de film, l'écoute de ce disque fait ressurgir des passages du livre, donnant envie de le relire. Je regrette toutefois que beaucoup de chansons soient en langue anglaise. C'est bien mais, j'aime beaucoup pouvoir comprendre les paroles sans devoir me concentrer pour les écouter
Dionysos ne manque pas de projet. Alors que la tournée va démarrer, il se murmure que le groupe prépare une comédie musicale basée sur ce livre-disque ramenant sur scène tous les chanteurs et acteurs qui ont participé à l'album. Quand je vous disais que comme moi, ce gars rêve de voir son oeuvre sur tous les supports... Je compte bien aller voir le résultat. J'évoquais pour le livre un univers burtonien, voici un élément qui confirme cette ambiance. Il s'agit du clip vidéo de Tais-toi mon coeur, duo de Dionysos et Olivia Ruiz. Bonne écoute et... bonne lecture !
18:45 Publié dans Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : dionysos, mécanique, coeur, olivia ruiz, homme, trucage
dimanche, 11 novembre 2007
Littérature américaine
Grand amateur de fantasy et science-fiction, je n'en délaisse pas moins de temps à autre boulons et elfes de toute sorte. Je me penche alors sur des livres plus particuliers dont on m'a dit grand bien. Je vais ainsi avec vous en évoquer deux. L'un m'a marqué, j'ai fini l'autre récemment. Il s'agit d'Une prière pour Owen de John Irving et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee. Avec l'expérience acquise dans ses deux livres, je discerne désormais des schémas directeurs identiques dans chacune de ces deux oeuvres. Mais passons d'abord aux présentations...

Cette histoire s'étale sur toute la vie ou presque de John, depuis sa naissance (rétrospectivement) jusqu'au moment où il raconte son histoire. Durant toute cette aventure, deux mystères se distinguent très vite : qui est Owen ? Ce drôle de personnage tout petit à la voix déglinguée mais qui assure pourtant une forte présence et une volonté à toute épreuve. Voix déglinguée ? Oui, et d'ailleurs, dans le livre, il parle AINSI, EN MAJUSCULE, procédé permettant de rendre au lecteur le sentiment de différence de ce personnage. Il n'est pas comme nous...
L'autre mystère concerne la famille de John. En effet, ce dernier ne connait pas son père biologique et cherchera tout au long du roman à découvrir son identité. Peut-être est-il présent dans l'Eglise à l'heure de la messe ? Qui assistait au match de base-ball de John lorsque sa mère fut tuée par une balle lancée dans la mauvaise direction ? Les deux enfants vont devoir grandir dans un monde qui change, qui évolue. L'histoire de leur vie est régulièrement émaillée d'évênements historiques tel que la guerre du vietnam. Grandir tout en cherchant à résoudre ces mystères qui les entoure. Et échapper à leur destin ? Destin qui contraint Owen à incarner chaque année l'Ange Gabriel lors de la crèche vivante, du fait de sa légèreté pondérale. Scène qui m'a offerte je pense la plus grand fou rire de ma vie en lisant un livre.

Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux anfents, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche.
On retrouve ici le même schéma directeur que dans le précédent livre. On nous projette dans la vie de la/du narratrice/teur et on dit, avec lui une partie de sa vie. 3 ans dans le cas de Scout. Là encore, un mystère reste à découvrir... Qui est Boo Radley et pourquoi se cache-t-il toujours dans sa maison ? Les aventures de la fillette sont parsemées d'actualité de l'époque et surtout de ce procès qui se prépare et qui bouleverse la vie de sa famille.
Là où Une Prière pour Owen a plus un aspect religieux, le livre d'Harper Lee contient plutôt un message éthique sur la différence Noir/Blanc et lutte contre le racisme. Mais ce livre raconte aussi l'enfance d'une enfant dans un monde pas toujours facile. Enfance faite de préjugés et de mensonges. Heureusement, Atticus est là pour apporter à ses enfants un esprit civique fort.
Je me suis attardé ici sur ces deux livres, qui ont eu beaucoup de succès. Mais on peut aussi citer l'exemple de La Nostalgie de l'Ange, dont j'avais déjà parlé ici-même, qui reprend également ce même schéma avec en plus un petit ingrédient de fantastique. Dans l'oeuvre d'Alice Sebold, on y suit la vie d'une famille détruite par la mort de leur enfant et autour de laquelle plane un mystère : qui est le meurtrier.
Récapitulons le schéma de ces livres :
- raconter la vie, ou une tranche de la vie, des personnages
- inclure des références historiques (l'actualité, la guerre, ...)
- entourer le récit d'un mystère centré sur l'identité d'un personnage proche des héros
- porter un fort message aux lecteurs
Mais rassurez-vous, on peut tout aussi bien lire ces livres également pour le pur plaisir. J'aimerais évoquer également le cinéma avec un film que j'ai vu récemment et qui se rapproche également de ce schéma. Schéma dit de "la vie américaine." Il s'agit de Forrest Gump qui narre la vie de ce héros, attardé mental. Forrest traverse le monde et son actualité à travers les années. Cette fois, ce n'est pas un mystère qui l'entoure, mais un sentiment : l'amour pour Jenny. Pour l'anecdote, comme dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Forrest grandit dans l'Alabama.
23:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : owen, harper lee, oiseau moqueur, john irving, forrest gump
dimanche, 07 octobre 2007
Teasing...
Petit aperçu d'un futur billet sur ce blog... On appelle ça un Teasing ou comment faire patienter en attendant un truc de fou.
Les elfes sont étonnants. Ils suscitent l'étonnement.
Les elfes sont merveilleux. Ils apportent l'émerveillement.
Les elfes sont fabuleux. Ils génèrent des fables.
Les elfes sont séduisants. Ils dégagent la séduction.
Les elfes sont enchanteurs. Ils appellent l'enchantement
Les elfes sont terribles. Ils inspirent la terreur.
Les mots ont ceci de particulier que leur sens peut se distordre comme un serpent ; et quand on veut trouver des serpents, il suffit de les chercher derrière des mots qui ont changé de sens.
Personne n'a jamais dit que les elfes étaient gentils.
Les elfes sont méchants.
Terry Pratchett, Nobliaux et sorcières
17:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : terry, pratchett, nobliaux, sorcières, elfes
dimanche, 02 septembre 2007
J'ai rencontré Pullman
Je vais faire une exception à la règle que j'avais édictée au début. A savoir parler de mes passions et pas de ma vie. Car oui, honte sur moi, je vais vous parler d'une expérience que je viens de vivre. mais ce n'est pas non plus pour vous parler de la dernière tique de mon chat. Non, je veux partager avec vous mon voyage à Oxford et ma rencontre avec un homme exceptionnel : Philip Pullman.
Je suis donc parti à Oxford avec deux de mes amis du net : Gaëtan et Max. Nous sommes allé en Angleterre en train et j'ai bu ravaler mes paroles de janvier dernier. Quand j'étais allé à Londres, en avion payé par NewLine, je m'étais plaint des conditions de sécurité extrèmes dans les aéroports. Je me souviens avoir dit "c'est stupide ! il n'y a pas autant de sécurité quand on prend l'eurostar et pourtant, faire pêter un train dans un tunnel fait surement plus de morts qu'un avion." Mea Culpa donc. Car pour monter dans l'eurostar, il faut être à la gare au moins 30 minutes avant le départ. On passe d'abord le contrôle d'identité par la police française, puis par la police britannique. Enregistrement du billet ensuite et enfin, on dépose son sac et ses ptites affaires sur le tapis roulant, direction les rayons X. Quand au passager (à savoir moi), passage du portique où, forcément, je sonne. (fucking ceinture) Puis salle d'embarquement avant d'être autorisé à rejoindre le train... Hallucinant ! On se croirait réellement dans un aéroport !
Après un bref passage dans Londres (l'occasion de repasser devant The Park Lane Hotel où j'avais dormi la dernière fois), le bus nous emmène vers Oxford. Les bus en angleterre sont bien plus développé qu'en France. Les trains, eux, sont délaissés voire dangereux. Il y a tout le confort dans le bus. Toilettes bien sur, mais aussi Wifi et prises pour brancher son portable ! Le bus nous largue en plein coeur d'Oxford et nous rejoignons l'hotel pour y déposer nos affaires. C'est plus une auberge de jeunesse qu'un hôtel. Des allures d'auberge espagnole. De nombreuses nationalités s'y cotoient. Les murs de la chambre sont signés par les précédents locataires : Australie, Pologne, Usa, France, ...
Mais nous passerons plus de temps dehors que dans l'hôtel. Nous partons débuter notre visite d'Oxford ! Pour cette première après-midi, on va se contenter de déambuler, regarder par la porte des collèges, visiter un musée de la science dans le passé (plein d'objets scientifiques d'autrefois), ... Gaëtan a soudain sombré dans la folie. Il a aperçu une voiture dans laquelle figure un papier marqué "Film Unit." Le voilà tout excité à l'idée d'apercevoir le tournage d'A la Croisée des Mondes. Que Nenni, après un petit tour, on arrive sur le tournage en question. (que l'on traverse entre deux prises) Il s'agit d'une série que nous ne connaissons pas. Des techniciens accrochent le drapeau homosexuel un peu partout. On est bien loin de l'Oxford de Lyra.
A force de marcher, nous atteignons un lieu devenu culte pour les fans d'A la Croisée des Mondes : le Jardin Botanique et surtout LE banc de Lyra et Will. Mais pour entrer, il faut bourse délier. 3 livres la journée ! Et dire que nous allons venir nous installer sur ce banc TOUS les jours de notre séjour. Il faut avouer que c'est un endroit agréable pour se reposer et rédiger quelques (15) cartes postales.
Nos journées furent donc bien remplies, entre la visite d'Oxford, des colleges (l'entrée étant payante, nous n'en avons visité qu'un seul) , le jardin botanique, des musées (entrée gratuite) comme l'Ashmolean, le Pitt Rivers Museum ou encore le Museum d'histoire naturelle. Chose surprenante par rapport à la France : entrée gratuite, photos autorisées et même... sur un animal empaillé, le message "Please Touch" ! Enfin un musée où nous pouvons toucher ce qui est présenté ! (Bon d'accord, ils demandaient quand même de ne pas toucher aux squelettes de dinos, mais c'est compréhensible)
On peut aussi croiser des français à Oxford, avec leur légendaire savoir vivre. Nous marchions sur le trottoir et discutions de la direction à suivre. Moi : "on a qu'à aller par là, par derrière le truc" Et les gens que l'on croisait, français donc, une fois qu'ils nous ont un peu dépassé lancent "Par derrière, ou par devant !" Bon, ça nous a bien fait marrer quand même.
Le coup de gueule de ce séjour aura été les magasins. En effet, à 18h, tous les commerçants baissent leur rideau ! A fermer tardivement, il ne reste que le magasin d'alimentation général Saintsbury et le libraire Borders. Mais je suis revenu sur mon coup de gueule quand j'ai découvert le dimanche que tous les magasins étaient ouverts. Même chose le lundi, pourtant férié.
Manger, chose importante mais chère. Il n'y a guère de choix en terme de tarif. fast-food à 8£ le repas ou restaurants à 15£ le repas. Pas d'intermédiaire. Mais bon, nous avons tout de même mangé dans LE burger King de Will ! Même que c'était pas très bon. C'est amusant quand on voyage ainsi, de marcher sur les traces du roman que l'on lit. Nous avons ainsi visité plusieurs endroits figurant dans ALCDM, mais également jeté un coup d'oeil à la Jericho's Tavern mentionnée dans le Papillon tatoué.
Mais le moment de ce voyage n'aura pas été le banc. Nous avons eu l'opportunité de rencontrer Philip Pullman, le vrai, en chair et en os. Il nous avait donné rendez-vous devant l'Ashmolean Museum. Y étant avec près d'une heure trente d'avance, nous en avons profité pour visiter ce musée malheureusement en travaux. Max était dans un état de stress incroyable ! Voilà déjà une heure qu'il n'arrêtait pas d'aller se laver les mains partout où c'était possible. Dans le musée, il ne cessait d'aller voir par les fenêtres si Pullman n'était pas déjà là. (une heure avant l'heure fixée tout de même) Bien qu'un peu énervant sur le moment, c'était quand même bien rigolo de le voir comme ça. Une demi heure avant l'heure du rendez-vous, nous avons fait un dernier saut aux sanitaires et sommes allés attendre à l'ombre devant le musée.
A l'ombre oui, car il aura fait un temps magnifique et chaud tout le week-end ! 3h29pm Pullman arrive avec une minute d'avance. Alors qu'il regarde, à notre recherche, les gens assis sur des marches, je m'avance vers lui, tout sourire. Le contact est établi. Nous nous présentons rapidement et il nous invite à rejoindre le café du musée pour pouvoir discuter tranquillement autour d'une consommation qu'il nous a offert. Tandis qu'il prenait un thé bien chaud (c'est tout les britanniques ça !) nous avons opté pour une boisson fraiche.
Il était tout excité de nous montrer ce qu'il avait reçu le matin même ! A savoir les livres qui accompagneront la sortie du film. Il a démarré tellement vite que je n'ais même pas eu le temps de démarrer l'interphone pour enregistrer la conversation depuis le début. Pour le reste de l'interview, je vous invite à rejoindre mon site : http://www.cittagazze.com/livre/rencontre-pullman.php
La totalité de la rencontre ne figure pas dans ce compte-rendu toutefois. En effet, outre une discussion sur nous, notre vie, nos passions respectives (aucun intérêt de le rapporter publiquement sur un site), il nous a confié un secret sur La Livre de la Poussière et nous a dit qu'il viendrait bientôt en France. Pour ne pas causer de soucis à Gallimard, nous avons volontairement gardé le silence sur sa venue en France. (quand, où, pourquoi) Mais nous en ferons bien évidemment écho dès que Gallimard m'aura donné son feu vert.
Comme il nous l'avait dit dans son mail, Philip Pullman n'avait qu'une heure à nous accorder. Après avoir signé nos livres et fait une photo devant le musée, il nous a quitté pour retourner travailler sur le fameux Book of the Dust. J'ai tout de même réussi à lui demander s'il nous conseillait un resto, en ayant marre des fast-food. Il nous a donc conseillé un resto thai et un resto indien. Toutefois, nous n'y sommes pas allé, cause budget.
Le soir à l'hotel, Gaetan et Max se sont tout de suite lancés dans la transcription de l'interview. Attentif au début, j'ai vite décroché et je me suis couché. Eux, ils ont attendu d'avoir fini, à 2h du matin, pour rejoindre leurs lits. Outre la rencontre avec Pullman, une grande satisfaction de la journée aura été d'avoir obtenu ces scoops et de montrer une fois encore qu'on est meilleurs qu'Elbakin.
Le bilan de ce voyage ? Excellent. Un très beau et bon week-end agrémenté d'une rencontre extraordinaire qui n'était pas prévue deux jours plus tôt. Il faudra recommencer :)
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mardi, 24 juillet 2007
La nostalgie de l'Ange
La Nostalgie de l'Ange, par Alice Sebold
"Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson; prénom : Susie. Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. [...] C'est un voisin qui m'a tuée. Ma mère aimait ses parterres de fleurs et, un jour, mon père et lui avaient parlé engrais."
Pas d'enquête policière à suspense ici. Pas d'énigme à résoudre pour découvrir le meurtrier. Dès les premières pages, on assiste au viol et au meurtre de Susie par Harvey, le voisin. L'intérêt de ce livre est autre qu'une ènième enquête policiaire. C'est Susie qui raconte l'histoire, depuis le paradis dans lequel elle a débarqué.
Arrivée là-haut, elle ne peut se détacher du monde qu'elle vient de quitter. Le lecteur voit alors par ses yeux ce qui se déroule sur terre suite à ce drame. L'angoisse de ses proches, (le corps ne sera jamais retrouvé) puis la tragique acceptation de la mort tandis que le meurtrier et voisin passe au travers des mailles du filet que la police ne cesse de tisser en vain. Nous suivons l'évolution autour du trou béant que la mort de Susie a laissé dans cette paisible famille et chez ses amis. La cicatrisation sera longue et douloureuse. Parallèlement, Susie explore son paradis, y fait des rencontres et se remémore des souvenirs de son enfance sur Terre.
La force de se livre est de réussir à faire ressentir par le lecteur de très forts sentiments, généralement très tristes. Ne vous laissez pas rebuter par cela. Le livre est prenant et superbement écrit. En tant que lecteur, j'ai eu à plusieurs reprises eu l'impression d'être Susie, ou encore à un moment qui m'a fait fondre en larmes, son père. Dans ce passage, le père repense à tous ces moments privilégiés qu'il a passé avec sa fille, à mettre des bateaux en bouteille, et réalise enfin que jamais plus elle ne sera là, qu'il n'entendra plus sa voix, son rire, ...
Peter Jackson (réalisateur du Seigneur des Anneaux) prépare actuellement une adaptation cinématographique de ce livre. Un projet qu'il souhaitait réaliser depuis de nombreuses années. Autant je me réjouis de films comme A la Croisée des Mondes, autant j'ai tout de même des doutes et des peurs quant à cette adaptation. Comment réussir à retranscrire tous ces sentiments si forts ? Comment les faire ressentir aux spectateurs ? J'attends de voir. Pour les acteurs, on connait déjà quelques noms : Ryan Gosling pour le père, Rachel Weisz (La Momie) pour la mère et enfin Susie sera interprêtée par Saoirse Ronan. (photo)
Mais n'attendez pas le film. Lisez plutôt le livre, si ce n'est pas déjà fait.
22:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Saoirse Ronan, la nostalgie de l'ange, alice sebold






